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juillet 24, 2009
Depuis deux semaines environ, l’ambiance au resto est devenue étouffante. Oui, c’est bien le mot. Etouffante, pourrie, moisie, à jeter à la poubelle, le resto et tous les connards qui y travaillent. Je commence à étouffer dés que j’aperçois le portail de l’hôtel. Quand il s’ouvre et que j’avance en voiture jusqu’à ma place de parking, je suis déjà sous 5 mètres d’eau et je ne pense qu’à une chose. Le moment où après le service, je vais prendre cette allée en sens inverse pour regagner ma voiture. Lorsque je passe la porte de l’hôtel, mes sourires sont aussi faux que les seins de Pamela. Je n’ai qu’une envie, partir ou les tuer.
Pour les forts, je ne sais pas ce qu’est l’enfer mais pour moi qui n’arrive pas encore à faire abstraction du regard des gens, l’enfer, c’est de ne pas être aimé et donc comme dirait Sartre “l’enfer, c’est les autres”, ces autres imbéciles qui travaillent avec moi mais qui ne me parlent pas, ne me regardent pas, ne me disent pas bonjour ni au revoir.
Et oui, une fatwa a été émise contre moi. Je suis devenue la lépreuse, la femme adultère, la fille qui parle trop fort.Aussi, depuis bientôt 10 jours, le service se passe en silence. Les seuls mots échangés sont ceux nécessaires au travail. “Entrée de la 6″, “Le chaud de la 8″ etc… Ils rigolent, plaisantent ensemble, font des blagues de carambar et moi je reste dans mon coin, silencieuse.
Pourquoi tout cela?
Un jour, j’ai eu la bêtise de faire une blague pas très fine à l’aide de cuisine. Eux n’arrêtaient pas de plaisanter et pas toujours de façon sympathique sur mes diplômes et sur le fait que je n’ai pas de métier.
J’ai voulu plaisanté dans l’autre sens, sur leurs absences de diplômes, mais attention, je ne savais pas alors que c’était un sujet tabou. Oui, parce que vous comprenez dans un sens, c’est bon, on peut vanner et vanner encore la fille diplômée sur ses diplômes mais dans l’autre non!!!! On peut pas! Ce n’est pas politiquement correct!!! En même temps j’aurai du m’en douter. Mais je ne pensais pas qu’une blague, certes de mauvais goût déclencherait des torrents de haine. Ah non mais je vous jure, ce sont vraiment de gros salauds.
Voilà cette vanne:
Situation:
On nous annonce un soir que nous n’avons bp de gens qui ne mangent pas au resto. Souvent l’aide cuisiner est ravi quand nous faisons un petit service. Donc je lui dis:
- je vois une lueur de contentement dans tes yeux
lui - de quoi???
moi - con-ten-te-ment, quatre syllabes, c’est un peu long mais si tu te concentres tu devrais arriver à comprendre. (voilà la vanne)
Quand tout de suite après, j’ai vu que le cuisinier, Johanna, s’arrêtaient pour me regarder, j’ai essayé de me rattraper en leur disant bien que je plaisantais. Peine perdue. Ils ont stoppé leurs activités respectives, ont échangé un regard qui disait”mais quelle connasse”.
A partir de ce moment là, j’ai été la méchante, celle qui n’aime personne et qui les prend tous pour des cons. Chaque jour, ils parlaient de moi en cuisine, souvent quand je n’y étais pas, parfois quand j’y étais. Je me suis même fait dire par l’aide cuisinier ” de fermer ma gueule “.
Il me reste 7 jours. Je pars le 31. J’ai l’impression que ce sont les 7 jours les plus longs de ma vie.
Je reconnais que j’ai été maladroite mais je suis allée m’excuser trois fois et rien. Toujours les messes basses sur moi. Toujours l’absence de paroles. Et puis personne ne me regarde. Tout le monde me déteste. Et je les déteste tellement moi aussi!!!!!J’ai l’impression de me retrouver dans mon collège de campagne où on me traitait d’intello parce que j’avais souvent des livres sous le bras. Voilà! Ce sentiment que je n’avais plus connu depuis une dizaine d’année, je le revis ici.
J’ai tellement envie de me venger, de leur faire payer leur méchanceté de tous ces jours-ci. Any ideas?
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juillet 13, 2009
Chers tous
Je n’écris que lorsque je suis énervée. Quelle est l’utilité d’écrire quand tout va bien, hein?
Donc, en ce moment même, je suis très énervée. Je bouillonne. Cette c….. de Johanna me rend décidément la vie impossible. Hier soir, en arrivant à l’hôtel, je me suis vite rendue compte qu’elle était fatiguée, énervée. Nous attendait en plus, un gros service. Week end du 14 juillet oblige. Je me suis donc préparée à l’éventualité de remarques désobligeantes et peu agréables.
Bingo! A peine le service fut il commencé qu’une pluie de remarques se mit à tomber sur mon dos. Au bout de la centième réflexion, lassée, je me suis murée dans un silence offusqué. Ca suffisait, je ne voulais plus parler à cette fille.
Pendant deux semaines, je me suis forcée à lui sourire sans aucune envie. J’étais pour ainsi dire, obligée de lui sourire. Pendant 3 semaines, elle n’a pas arrêté de me gueuler “Souris!” Comment lui faire comprendre que dans ces conditions, ben non, je n’avais pas envie de sourire.
J’ai écouté le récit de sa vie, j’ai écouté le récit de ses histoires d’amour tandis qu’elle ne m’a jamais posé la moindre question sur moi.
Bref! Hier soir, elle a été particulièrement désagréable envers moi mais aussi envers un garçon, allemand, qui est venu apprendre le français et qui travaille avec nous pendant un mois. Il parle très bien notre langue mais ne comprend pas tout quand qln lui parle trop vite. Et cela énerve Johanna au plus haut point. Elle lui fait remarquer quarante fois dans la même journée qu’il parle “trop mal le français”. Rappelons que Johanna ne parle qu’une langue et que ce jeune garçon parle allemand, anglais, français et espagnol. Hier soir, il a voulu aller se baigner à la piscine de l’hôtel. Les propriétaires sont d’accord. Pour rejoindre la piscine, il faut passer par la terrasse qui sert de restaurant. Lorsque Johanna a vu le garçon passer à côté de la terrasse avec sa serviette de bain, elle a failli avoir une attaque. Elle a foncé sur lui en lui craint “mais qu’est ce que tu fais???” Le pauvre garçon ne comprenait pas sa faute. De retour en cuisine, Johanna s’est mise à crier” Mais il est con ou quoi? Passer au milieu du restaurant? Il se croit ou???”
La seule faute de Jan a été de passer à côté de la terrasse avec sa serviette de bain sous le bras. Jan est plutôt joli garçon et en tant qu’allemand connait beaucoup de clients de l’hôtel pour avoir bavarder avec eux. La seule chose qui a donc du gêner les clients, cela a du être le cri de Johanna.
Les deux personnes qu’elle ne peut pas voir, je vous les donne en mille: l’étudiante et l’étranger. Deux personnes en dehors de son monde, deux personnes qu’elle ne veut pas comprendre.
Pour la faire enrager, nous avons donc passé le reste de la soirée, Jan et moi à discuter en anglais et à nous dire combien nous la détestions.
Je sais bien qu’il faut que je m’élève. I ‘m rising above. Mais comme le docteur Bailey dans Grey’s Anatomy, il y a un plafond et je ne vais pas tarder à l’atteindre!
Excusez moi pour ce billet si mal écrit.
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juillet 7, 2009
Depuis que je connais Johanna, elle adore parler de ce qu’elle appelait au début son PCR “Plan Cul Régulier”. Cependant, au fil des jours, le PCR s’est transformé en “mec” puis carrément en “copain”. Elle qui aimait crier sur tous les toits qu’elle n’était avec ce type que pour “baiser”, et bien depuis quelques jours, ce type est devenu “Son” copain, le sien.
Tournons nous maintenant vers cet homme qui lui a chaviré le coeur. J’ai d’abord appris qu’il était mécanicien, puis qu’il était le meilleur coup qu’elle ait jamais eu, puis qu’il avait 33 ans et enfin, qu’il était marrié avec deux enfants. Le Prince Charmant, de nos jours, n’est plus ce qu’il était autrefois.
Il y a trois jours exactement, voyant qu’elle était d’humeur massacrante, je lui ai demandé ce qui n’allait pas. Et là, elle m’a avoué que cela n’allait pas fort entre eux. Le Prince essayait de se rabibocher avec sa femme, mère de ses enfants et fatalement, Johanna trouvait qu’il parlait beaucoup trop de la princesse et de la descendance en sa présence. “Il ne se rend pas compte que je suis là. Hier soir, pendant toute la soirée, il a parlé avec ses potes de sa femme. Et moi? J’existe pas peut être?”
Ah oui! J’ai omis un détail, ils ne couchent ensemble que depuis un mois et Johanna lui a dit qu’elle comptait partir de la région à la fin de la saison. Mais elle trouve complètement scandaleux qu’il ne veuille pas rompre définitivement avec sa femme pour se mettre avec elle. “Je lui ai dit que la polygamie, c’était interdit en France. Il refuse de voir la réalité en face et court gratter à la porte de sa femme! Je lui ai dit mais je suis quoi moi dans cette relation? ” m’a t-elle raconté. Ah la la, qui est-elle dans cette relation? Mais la serveuse, la soubrette, la fille pas chère. Le Prince s’amuse avec la serveuse quelques temps et préfère ensuite retourner près de la princesse qui a un avantage indéniable sur elle: deux petits bébés et une alliance.
Mais Johanna ne veut pas laisser partir le Prince. Car il a de l’humour et puis un beau carrosse. “Il a une voiture d’arabe. Il a échangé sa Golf décapotable pour une Mercedes le jour de son anniversaire. Je te dis pas, je sentais plus ma peau quand on est allé à 220 sur la route d’Orange”. Nice!
Un soir, le Prince est venu voir la serveuse sur son lieu de travail. On a tous entendu le rugissement du carrosse de très loin et le bruit des pneux. Elle était fier, la Johanna, en entendant le bruit de la grosse cylindrée. Le Prince avait un jean qui tombait mal, une chemise blanche trop grande et une chaîne en or autour du cou. Un Prince de seconde zone. Qui aime conduire à 220 sur les lignes droites, qui trompe sa femme pour le fun, qui travaille tous les soirs jusqu’à 23h pour se payer sa voiture de rêve. Pour moi, un crapaud mais pour Johanna, peu importe la femme et les enfants, peu importe de coucher dans son garage sous les toits, là où le soleil a tapé toute la journée sur la tôle. C’est son Prince, celui qui s’est intéressé à elle. C’est sur, il finira par quitter sa femme et la fin de l’histoire, ce sera celle-là: they lived happily ever after.
FIN
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juin 30, 2009
Je ne démissionne plus! Non! J’ai décidé, pour la première fois dans ma vie, de faire face à ce qui me fait chier. De regarder les problèmes rencontrés en face (problèmes très relatifs) et de les affronter.C’est beau, non? Imaginez que vous lisiez cela et qu’une musique triste s’élève en fond, style “il faut sauver le soldat Ryan”.
Et puis, je me dis qu’il y a encore du potentiel de connerie à explorer dans ce resto, que c’est très bien pour ce blog etc…et que finalement j’ai la flegme de changer de resto.
Parlons plutôt de la fille qui a remplacé John. Nous l’appelerons pour les besoins du récit “Johanna”. “Johanna n’est pas comme John malgré leurs prénoms qui se ressemblent. Une qualité que je lui reconnais, c’est l’ardeur au travail. Elle travaille beaucoup, voit tout ce qui ne va pas dans l’hôtel, des toiles d’araignées aux feuilles sur la terrasse. Et j’ai une profonde admiration envers elle pour cela. Elle connait son métier sur le bout des doigts et n’a que 22 ans.
Johanna me fait penser à une espèce de taureau ou de buffle, qui, avec une force stupéfiante tire la charette encore et encore, toujours plus loin. Chez elle, tout est dans la force, dans l’agir, le faire. Elle rit très fort, se vante de tenir bien l’alcool et de beaucoup baiser. C’est elle même qui emploie le mot “baiser”. Moi, je n’aime pas trop ce mot. Quand j’entends “Baiser”, tout de suite, je pense à un baiser, un beau baiser châste sur une joue. C’est mon côté fleur bleue. Bref, tout ça pour vous dire que cette fille, c’est une fonceuse. Elle adore parler d’elle, à tel point qu’au début je me suis dit “mais cette fille, c’est moi!” Et puis finalement non. Je n’ai pas sa capacité à foncer, tête baissée, sans regarder autour. Johanna ne souffre aucune remarque et bien sur, n’a selon elle, aucun défaut. Si on ne la trouve pas fantastique, c’est qu’on est fatalement contre elle, opposé à elle et dans ce cas, elle essayera de vous piétiner. Mais quand on rit à ses blagues pas toujours très fines, qu’on lui fait de grands sourires, elle est contente. Il y a quelquechose de très animal chez cette fille. Ne serait-ce que dans son physique. Au premier abord, elle semble normale, et puis on se rend compte qu’elle est trapue, que son buste fait à peu près la taille de ses jambes, ce qui donne l’impression qu’elle est enracinée au sol. Ses articulations sont grosses, et tout dans son visage paraît disproportionné. Elle a des yeux trop grands, une bouche trop étirée (une peu comme celle du Joker dans Batman). Elle n’est pas laide mais pas jolie non plus.
Bref, cette fille est un bloc. On dirait qu’elle n’a pas de faces cachées, qu’elle se comporte chez elle comme elle se comporte à l’hôtel. Un bloc, voilà. Et je trouve cela fascinant.
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juin 20, 2009
Bon, alors, il y a trois jours, j’arrive au travail la mort dans l’âme parce que quand je passe le seuil de l’hôtel ben, je rentre dans le monde de la connerie et donc je ne parle plus. Je laisse ma parole à l’entrée. Cela me rappelle Dante qui lit au dessus de la porte menant aux Enfers” Vous qui entrez, laissez toute espérance”. Ben oui, voilà, quand je passe le portail de l’hôtel, je laisse toute Espérance. Ah, Dante! Je te comprends enfin!!!!
Ce soir là, la manageuse me fait venir dans son bureau et j’apprends que John est en congés maladie jusqu’à la fin du mois. Youpi!!!! Bon, allez, on fait semblant de s’intéresser. Et qu’est ce qu’il a? Ah ben rien, me dit la manageuse que l’on appelera Vive. “Je l’ai convoqué aujourd’hui pour le virer alors il s’est mis en congés maladie” me dit-elle.
Ah ben, ça confirme donc à tous qu’il est un con, non? Avec qui je vais travailler alors? demandais-je la bouche en coeur. Je vous le donne en mille!! Avec la sale connasse qui m’a fait chier il y a de cela quelque temps. Et ben oui!
Le premier soir, je me suis dit “allez, essayons d’être sympa avec elle”. Mais non.
Le deuxième soir, on s’est vraiment fritté la gueule comme les filles savent le faire. Elle a même déballé une belle tirade “maintenant tu vas la fermer ta gueule parce que tu commences à faire chier”. De la poésie pure! Bref! J’ai donné ma démission. J’en peux plus. Je me suis déjà tapé deux mois avec l’autre crétin, c’est pas pour continuer deux mois avec la connasse de service.
Bon, j’admets que j’ai un petit problème de comportement. En ce moment, c’est simple, j’ai envie d’abattre la majorité des gens que je vois. Je les trouve tellement mais tellement cons que je suis tout le temps en colère! Je ne peux pas vivre comme çà. Surtout qu’en plus, je prends leurs conneries personnellement.Faut que cela change. Dans le lot, il doit bien y en avoir des moins cons, des gentils! Mais en ce moment, impossible. Ils sont tous cons, tous des bac moins douze! N’oublions pas que dans le Vaucluse les diplômes les plus répandus sont les CAP et les BEP. Moi, snob? Méchante? Pas sympa? Mais oui! Ces gros cons se sont toujours foutu de ma gueule parce que j’étais l’intello de service. J’ai eu l’impression de revivre mes années collèges pendant ces deux mois. Alors, on parle toujours des gens diplômés qui sont condescendants avec ceux qui le sont moins mais l’inverse, ça existe aussi!!!!! Je suis certes un peu amère et certes, beaucoup en colère mais depuis deux mois, c’est le net qui me maintient rattaché à la vie. Rendez vous compte!
Mais bon, je me dis qu’on aura toujours besoin de serveurs, de cuisiniers et d’aides cuisiniers donc heureusement que les cons existent. Après tout, ce serait tout de même terrible si je devais me servir moi-même quand je vais au restaurant! Méchante? Non!!!!!! Juste une impression!
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juin 16, 2009
Bonjour tout le monde!
Non, la routine ne s’installe pas. Bon, allez je reprends ces chroniques et sérieusement! Surtout qu’il y a du lourd et du très lourd à vous raconter mes cocos bel oeil!
Je vais faire court sinon, vous allez vous pendre. Bon, en gros, depuis quelques temps, j’avais réussi à installer une espèce de paix- guerre secrète avec John. Je lui souriais par devant et lui casser du sucre sur le dos derrière son dos justement. Mais, bien que l’infâme John se soit certes laissé amadouer, il est bien connu que la connerie assoupie se réveille les jours de foule. (Proverbe d’Amélie Chauvin). Ces derniers temps, nous avons en effet eu plus de monde au resto. John s’est mis à devenir de plus en plus détestable en plus d’être puant et , disons le franchement, con. Et un soir, alors que nous attendions un groupe, que tout le restaurant était sur le pied de guerre, j’ai craqué. Je lui ai balancé tout ce que je pensais de lui, à savoir: feignant, peu professionnel, inefficace et surtout, surtout quelqu’un qui aime humilier les autres, tout spécialement quand ces autres sont 1) une femme 2) diplômée. Oui, bon d’accord les autres, c’est moi. Et ben quoi?
Nous avons donc eu droit à la réunion avec la manageuse qui m’ait apparue à ma grande surprise comme prenant la cause de John. Une fois l’entretien terminé, elle m’a emmené derrière la piscine, à l’abri des oreilles indiscrètes et là elle m’a dit ceci ( avouez que vous vous attendiez à une scène porno, hein?) “Amélie, écoutez, je suis de votre côté et on essaye de le virer mais je veux faire çà dans les règles donc je ne peux pas lui donner le sentiment que je suis toujours contre lui. Alors, courage, vous êtes plus intelligente que lui. Passez au dessus de tout çà!”
D’accord! D’accord. Facile à dire quand on ne travaille pas 6 heures pas jour avec le dit intéressé. Facile à dire qu’on n’a pas droit aux remarques telles que: (imaginez une voix martiale) “les portables sont interdits même si c’est pour utiliser le chronomètre pour la cuisson des pains” alors que les iphones du cuisto et de son aide sont à 50 cm de lui. Ou encore c’est facile à dire quand on n’a pas quelqu’un qui examine les verres que vous venez de laver et d’essuyer et que ce quelqu’un jette les 3/4 des verres devant vous en disant ” c’est sale, recommence”. Ou encore quand je prépare mon assiette pour aller manger( je mange à 19h), qu’il est 18h55 et que ce con me fait “mais qu’est ce que tu fais là? Qu’est ce que tu fais? Tu ne comptes pas manger quand même? Tu retournes à la plonge et tu reviens quand ce sera l’heure”.
Mais ces phrases font le bonheur de ce blog et de ceux qui le lisent! Cela commence quand même à devenir pesant. Moi aussi j’ai droit à la connerie. Vive la connerie! Pourquoi est ce que je suis obligée de la jouer intelligente? Non, je ne suis pas au dessus de tout çà. Oui, j’ai envie de lui éclater la gueule chaque fois que je le vois. (Au moins, maintenant, il le sait).
Sinon, j’ai besoin de votre aide. J’aimerais savoir comment enregistrer les propos de quelqu’un? A son insu bien sur. Avec quels appareils on peut faire çà? Parce que ce gros con, je vais lui déposer une plainte de harcélement moral, il va pas savoir d’où ça lui tombe! Mais faut des preuves! Quoi? J’emploie les grands moyens? Ben oui, et alors? Ben oui, moi faut pas me faire chier!
Allez, à plus! Rappelez vous ceci, la connerie nique des milliers de cerveux chaque année. Aussi, méfiance et surtout, ne lâchez rien! Mort aux cons!
A Boris…
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mai 28, 2009
Bon, hier soir, pour le service alors qu’il n’y avait que 10 malheureux clients, la manageuse m’apprend que je vais travailler avec une fille. Pourquoi? John n’est pas là certes mais dix clients, je peux gérer quoi! Oui, mais je ne sais pas fermer l’hôtel. C’est vrai, on ne m’a jamais montré comment mettre l’alarme, où éteindre toutes les lumières etc… Donc cette fille qui a travaillé là l’année dernier est là pour fermer l’hôtel.
Cette fille que nous appelerons “la Peste”arrive donc. Elle ne se présente pas, me lance à peine un petit bonjour. Quand John n’est pas là, c’est moi qui sert l’apéritif aux clients. Or là, elle se met à ma place. Ben oui. Comme çà. A vue de nez, je me disais qu’on avait le même âge. Bon. Et pendant tout le service, elle m’a fait des réflexions, elle m’a bien fait sentir qu’elle était vraiment trop forte. Je n’appréciais pas trop. Donc, bien sur, je lui ai fait la gueule. Quand j’ai vu que mes deux ou trois sourires du début n’avaient pas porté leurs fruits, je me suis mise en mode “tu te prends pour qui?”.
Avant de partir la manageuse entre dans la cuisine pour nous dire au revoir. Comme elle voit que je tire un peu la gueule, elle me dit en rigolant
- Quand Amélie est comme çà, faut lui donner de la caféine.
Et l’autre peste lui répond
- Moi je serai plus du genre à donner des gifles.
Quelle connasse! Pour qui elle se prend cette fille?
Mais vous me connaissez, j’ai répondu
- Moi quand on me donne des gifles, j’attaque à coups de poings
Après elle a plus rien dit. J’ai appris par le cuisto qu’elle avait travaillé là l’année dernière. C’est pour cela qu’elle me faisait sentir qu’elle connaissait la maison mieux que moi. En gros, elle n’a pas arrêté de pisser partout pour marquer son ancien territoire. Et toujours des petites réflexions du style “c’est fou que tu connaisses si peu de choses ici”.
Franchement, je le jure, j’ai essayé de faire des efforts avec cette fille au début. Je l’ai joué profil bas, genre “c’est cool qu’on soit deux ” mais quand on me cherche on me trouve. Sont vraiment tous tarés par ici!
Rappelez vous. N’habitez jamais à la campagne où emmenez vos amis!
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mai 25, 2009
Quel silence! Depuis quelques jours pas d’articles. Vous vous demandiez, John a t-il maté Amélie?
Pas du tout! La situation est au statu quo. Je travaille en essayant de réduire au minimum les échanges verbaux avec lui. Et cela se passe plutôt bien. Surtout que la connerie de John a changé de cible! Et oui, maintenant elle s’attaque à la manageuse de l’hôtel et même aux proprio! Ah, connerie quand tu nous tiens!
Le regarder se prendre la tête avec la manageuse, c’est ma petite friandise de tous les jours.
Seulement hier, cela m’a bien gavé. Monsieur a reçu une lettre d’avertissement par la poste et du coup, il a décidé de ne rien faire pendant le service. J’étais donc seule à courir partout. Une fois le service fini, je me suis mise à la plonge. Normalement, pendant que je récure les assiettes, John monte les tables du petit déjeuner. Or, je ne voyais personne dans la salle. Je quitte donc deux minutes ma plonge pour jouer les espionnes et là, je le vois, assis, en terrasse avec le cuisiner et son aide qui eux ont fini! Sympa!
En revenant, il me dit
- C’est pas contre toi Amélie, mais je suis fatigué de travailler dans cette entreprise( Imaginez le terme “fatigué” dit avec un bon accent du sud et bien appuyé). Hier on a mis les tables de petit déjeuner et tout ce que j’ai eu c’est un mot pour dire qu’on avait oublié les poubelles de table! Attends, moi je fais çà pour être sympa, c’est pas mon boulot de mettre les petits déj.
- Mais lui dis je, on avait effectivement oublié de mettre les poubelles de table John. Et c’est notre travail de dresser les petits déjeuners.
- Non
- Putain (çà c’est moi) , bon je le fais toute seule alors
Et là quand je suis sortie dans la salle j’ai vu qu’il n’avait rien rangé! Rien! J’ai donc tout remis en place seule!
Et là, je me suis dit mais ce mec, il veut pas travailler! Il râle car selon lui il ne fait pas le travail d’un maître d’hôtel mais l’hôtel a 15 chambres!!! Et s’il ne veut ni donner un coup de main à la plonge, ni dresser les petits déj, ni se fouler pendant le service, ni ranger la salle et la terrasse mais il veut faire quoi ce mec???
Jeudi, John a donc demandé une réunion avec la manageuse, les proprios et le fil des proprio! J’ai hâte, avec un peu de chance qui sait ce qui peut arriver?
Oui, je sais je suis méchante!
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mai 15, 2009
Salut les amis!
Je travaille dans un hôtel trois étoiles qui est aussi un domaine viticole. La manageuse m’avait donc, dès les premiers jours, averti de l’importance de la propreté des verres à vin. Lorsque j’essuie les verres, le soir, je dois donc faire bien attention à ce qu’il n’y ait aucune trace. Bon, d’accord.
Mais j’ai franchement eu un peu les boules quand il fut question de déboucher une bouteille de vin à table, de la présenter aux clients, de la faire goûter. Imaginez une seconde! Les clients sont en majorité allemands, suisses ou anglais. Pour eux, la France est le pays du vin. De plus, ils ont choisi de résider dans un hôtel qui produit son propre pinard! Alors bien sur, ils s’attendent à ce que les serveurs soient les sacro-saints Dieux du vin. Qu’ils connaissent tout sur tout. Qu’ils soient irréprochables dans la façon de le servir.
Oui, j’avoue, j’avais un peu peur quand j’ai amené ma première bouteille sur table à un couple de vieux. J’ai fait çà rapidement, style, j’ai ouvert des bouteilles de vin depuis l’âge de quatre ans, le tire-bouchon, je le dégaine plus vite que mon ombre façon Lucky Luke. J’ai fait goûter le monsieur en priant pour qu’aucune goutte ne vienne s’écraser sur la nappe blanche. Bref, j’ai fait comme j’ai pu!
Concernant le service du vin, il y a deux écoles. La mienne. Et celle de John. Quand John débouche une bouteille de vin, rien que pour le plaisir, je me mets un peu à l’égard et je le regarde faire. Tout d’abord, il arrive d’un pas rapide et sonore vers la table en question. Souvent, j’ignore pourquoi, il brandit le précieux nectar au-dessus de sa tête d’une main en marchant. Quand il s’approche de la table, il déclenche alors une sorte de petit rituel. Il serre les pieds, les fesses, se redresse, met une main dans son dos pendant que l’autre tient la bouteille de vin qu’il présente aux clients. Puis, de son petit doigt (oui, j’ai remarqué que c’était toujours avec son petit doigt), il pointe le nom de la cuvée et de l’année. Il annonce tout cela d’une voix tranchante. “Garnacho 2003, Gigondas 2001″. Puis, il a de nouveau un petit claquement de pieds. Il débouche la bouteille avec des gestes amples, exagérés, comme si on était au théâtre. Après quoi, il verse toujours le vin dans le verre de Monsieur. Non, les femmes ne goûtent pas le vin. Elles n’y connaissent rien. Mais malgré ce tralala, souvent, souvent en débarrassant, je retrouve plusieurs gouttes sur la nappe blanche, preuves irréfutables que ben, lui aussi il laisse des gouttes comme sur sa cuvette des toilettes (pure supposition).
Tout le monde l’aura compris. Regarder John servir du vin est impayable. Le mieux reste encore quand on lui demande des explications. Imaginons une dame avec un fort accent allemand qui pose une question sur les cépages du vin. Alors John, il ne sait pas. Il a beau avoir travaillé dans l’hôtellerie depuis ses tendres vingt ans, le vin il s’imagine savoir le servir mais le reste il s’en fout. Et donc, il s’en tire avec des pitreries. ” Les raisins sont ceux du domaine, Madame. Comme vous le savez les Côtes du Rhône sont des vins de soleil. Et ajoutez à cela un peu de magie, une mixture chimique un peu fantastique et voilà le vin que vous avez dans votre verre”. Texto, c’est ce qu’il a dit. Il accélère un peu le débit, il prend une voix un peu snob et çà passe comme une lettre à la poste envers la cliente allemande qui n’a pas compris un mot de ce charabia. Bien sur, John n’est pas téméraire et se sauve bien vite pour échapper à d’autres questions.
Et oui! John est un peu acteur sur les bords. John aurait pu être Alain de loin. Mais John n’est pas téméraire. D’ailleurs, depuis que je suis arrivée, j’ai remarqué que toutes les bouteilles de vin blanc à ouvrir, c’était pour moi. Explication: les bouteilles sont très difficiles à ouvrir car fermées avec des bouchons synthétiques. Parfois, il faut vraiment beaucoup de force pour tirer le bouchon. Et c’est vrai que c’est pas la joie quand on doit s’y reprendre à deux, trois fois devant le client. Donc, c’est moi qui le fait! Je m’interroge: Qui a dit que les femmes n’avaient pas de force?
Sinon, ça vous dit une soirée au Shelter pour fêter le premier round?
PS: Cette modeste chronique a été écrite sans la moindre connaissance dans le service des vins. Je m’excuse par avance auprès de l’équipe du Sofitel de Shanghai.
N’hésitez pas à laisser des commentaires! Ca fait plaisir! Et surtout, surtout, n’habitez jamais à la campagne (et méfiez vous des John qui servent du vin).
Filed by chroniquesderesto at mai 15th, 2009 under Uncategorized
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mai 12, 2009
Salut les amis!
Aujourd’hui, de quoi vais-je parler? Et bien du tri sélectif! A l’hôtel, dans la cuisine nous avons une poubelle où nous devons mettre les bouteilles en plastiques ainsi que les emballages alimentaires. Puis, près de la chambre froide, il y a une petite caisse où l’on met les verres.
Moi, je suis pour! Je trouve cela très bien, très écologique! Le problème, c’est John fait une petite fixette sur ces poubelles. Je suis prête à parier qu’elles le hantent la nuit. La semaine dernière, profitant du fait que nous étions tous en cuisine (Fred, Vincent, la réceptionniste et moi), il nous a fait un cour sur le tri.
- Alors, euh, pour que ce soit bien clair. Dans ce panier, on ne met que les bouteilles plastiques ou les emballages alimentaires. Et pas le verre! C’est clair? Non, mais je le redis parce que hier j’ai trouvé un bouchon en plastique dedans. Et puis, les bouteilles, il faut les compresser. Comme çà.” (Il pose une bouteille en plastique de cristalline vide sur sa poitrine et d’un geste sec, la compresse. Je pense que ce mouvement le fait jouir. Le fait de pouvoir constater sa force, cela doit le faire kifer. C’est comme les enfants quand ils sont petits et qu’ils ne rendent compte qu’ils peuvent tuer une fourmie)
Tout le monde le regardait, un peu ahuri pour la simple et bonne raison qu’au dessus du panier en question, que dis-je, non pas au dessus mais accrochée, stochée desssus il y a une pancarte de 20 cm sur 15 où il est écrit en gros au feutre noir “emballages plastiques et alimentaires”.
Aujourd’hui, il vient me voir “Amélie, alors euh, dans la caisse pour les verres, il ne faut mettre que les verres. Pas d’ampoules, pas de néons. Et dans le panier, il ne faut mettre que les emballages plastiques et alimentaires. Et il faut compresser les bouteilles.” Là, il en voit une non compressée. Vite, il la prend, la pose sur son torse et essaye de faire son geste favori. Mais il n’y arrive pas. La bouteille refuse de se ratatiner. Pour le délivrer de ses peines, je finis par lui dire “Je crois qu’il faut enlever le bouchon”. Bref! Et avant de partir, devinez ce que John m’a dit: “emballage plastique et alimentaire dans le panier, dans la caisse que du verre”. Ok, j’ai compris! Je suis pas un poisson rouge John. J’ai une mémoire qui continue à imprimer au delà des deux minutes!
Et oui! Le tri, c’est un peu difficile à assimiler pour les crétins et les poissons rouges.
Je vous aime, n’habitez jamais à la campagne! (sauf si vous savez à quoi vous vous exposez)
Filed by chroniquesderesto at mai 12th, 2009 under Uncategorized
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